31 mars 2006

Chirac, le Président "pour du beurre"

Après avoir discrédité la fonction présidentielle, à travers la dissolution ratée, et le réferendum perdu, actes pour lesquels il n'a tiré aucune conséquence, Chirac continue son travail de sape de la Vème république.
Il promulque donc la loi sur l'égalité des chances, qui inclut le CPE, tout en demandant qu'elle reste inappliquée... en attendant qu'une nouvelle loi la remplace. Alors qu'il eut été aussi simple d'en redemander lecture au Parlement, Chirac nous explique qu'en fait cette loi elle existe, mais elle existe pas.
Cette contorsion ne peut se comprendre que dans l'impérieuse nécessité de sauver ce qu'il reste de son Premier Ministre. Et de se proteger du nain de Beauveau, pour qui la dissolution du gouvernement aurait sonné le début de sa campagne.
Alors, à présent que reste-t-il de cette République? Une fonction présidentielle dont l'exageration du monarchisme, a déligitimé les extraordinaires prérogatives dont il jouit. Un Parlement croupion, avec à peine plus de pouvoir que le Parlement européen, dont même l'opposition n'assure plus qu'une opposition de principe, attendant sagement son tour. Un gouvernement tout aussi peu crédible, dont le chef n'est jamais passé par le suffrage universel, et dont l'opposition la plus frontale se trouve incarnée par son numéro 2. Et enfin, un cadre législatif qui en plus d'être foulé au corps, par un Président qui n'a plus d'ambition que d'échapper aux fourches de la justice, est rendu caduc, par ce même Président qui promulgue une loi "pour du beurre".
Outre le chômage, la réforme des Institutions, voire de la Constitution, sera nécessairement un thème majeur de la prochaine campagne présidentielle.



29 mars 2006

Franz-Olivier GIESBERT : Le chevalier blanc du journalisme français

Personne ne peut l'ignorer, FOG a sorti "le livre politique" de l'année 2006, "La tragédie du Président", violent pamphlet contre les années Chirac, livre dans lequel l'image de Villepin est également serieusement écornée.
Omniprésent et multimédia, l'auteur ne cesse de vanter ses méthodes ("je note tout dans mon petit cahier à spirales") inspirées du journalisme américain ou britannique, selon lesquelles tout doit être publié, même, et surtout, le "off".
Pourtant, il me semble que la différence entre les méthodes qu'il vante et le journalisme de révérence pratiqué en France, ne réside pas dans cette transgression-là.
Elle réside plutôt dans la pratique du journalisme de meute, qui ne s'interdit aucunement d'assassiner avec des mots, mais préfere attendre que la victime soit déja à terre. Et c'est bien le cas de Chirac depuis le 29mai2005.
FOG aurait-il écrit son bouquin si le OUI l'avait emporté? Si Chirac avait été en mesure de se représenter? Il est à parier que l'écrivain-journaliste aurait pris son mal en patience.
En hurlant avec les loups, le Chirac-bashing étant actuellement très tendance dans le milieu journalistique, FOG perpetue cette tradition bien de chez nous, du cirage de godasses des puissants, et du passage à tabac du bouc émissaire désigné.
Et dernier élement à charge contre notre preux chevalier, Sarkozy est curieusement épargné dans cet ouvrage. En fidéle héritier du journalisme politique français, notre auteur profite largement de sa tournée promotionnelle pour vanter les qualités d'homme d'Etat du ministre de l'Intérieur. En attendant la fin de son hypothétique règne?


18 mars 2006

Le CPE, ca rassure les patrons.

Depuis plusieurs semaines que l'on parle du CPE, le problème du chômage des jeunes est illustré par un chiffre : 23%. C'est, nous explique-t-on, le taux de chômage des jeunes de 26 ans. Soit "1 jeune sur 5" comme aime à le répeter notre Premier Ministre.

Or ce chiffre n'a aucun sens. Car avec 8 millions de jeunes, il signifierait que près de 2 millions de jeunes sont au chômage. Et ça, à priori, ca se saurait. En réalité, dans cette classe d'âge, 60% des jeunes sont étudiants, et ne sont donc pas en recherche d'emploi. Rapporté au nombre d'actifs, le taux de chômage tombe à un pour 15 soit entre 7 et 8%. C'est-à-dire en dessous du taux de chômage total en France. Donc pour nos éminents experts et économistes, un étudiant n'est rien d'autre qu'un chômeur qui s'ignore.

Si le taux de chômage global des jeunes (actifs et étudiants) est superieur à la moyenne européenne, c'est que les jeunes étudient plus longtemps en France. Ce qui n'est pas forcément une mauvaise nouvelle. Evidemment, une des raisons à cela est certainement un marché du travail particulièrement peu attractif, qui incite à prolonger autant que possible ses études. Mais cela est peut-être également lié à l'accès aux études superieures, facilité en France par un système de bourses, de logements étudiants, de frais d'inscription beaucoup moins élevés, bref d'une sélection moins drastique que dans de nombreux pays européens. Même si la précarité est trés loin d'être absente des milieux étudiants.

Mais même ce constat a l'art de froisser nos chefs d'entreprise. L'autre jour, dans un débat organisé par Arlette Chabot, le patron de Phone House ainsi que des représentants du MEDEF, essayaient de nous convaincre qu'ils étaient réticents à embaucher des jeunes, parce que malgré leur haut niveau d'études, leurs cursus étaient inadaptés aux "réalités d'entreprise". Nous a été resservi le laius habituel "nous on connait mieux que vous ce qu'il faut à ce pays, on crée des emplois tous les jours". Ils furent aidés par un ancien enseignant auteur d'un livre, "la Fabrique des crètins". Sorte de Finkielkraut avec un accent méridional, il expliquait la catastrophe que constituait l'enseignement actuel, qui s'est deprécié pour cause d'absence de sélection. Bref depuis qu'on a fait entrer les pauvres et les jeunes de banlieue dans l'université, on avait adapté les cursus à leur méprisable niveau intellectuel (les pauvres sont des cons, sinon ils seraient pas pauvres). Et les diplomes ne valent plus rien.

Au milieu de ce concert de pleurs, intervenait un jeune, d'origine maghrébine, titulaire d'un DESS, qui expliquait qu'il s'était éxilé en Suède pour fuir les seuls emplois Mc Do qu'on lui proposait. Et là-bas il avait immédiatement trouvé un poste à la hauteur de ses compétences chez Ericsson. Sans experience professionnelle on n'avait pas hésité à lui laisser sa chance.
Suite à une restructuration d'Ericsson, il est revenu en France, d'ou il est reparti rapidement car on ne lui proposait toujours rien. Arrivé en Angleterre il a de nouveau retrouvé un job, après avoir envoyé 5 CV. Il raconte également qu'au cours de ses pérégrinations, il rencontrait fréquemment des jeunes européens, qui l'enviaient d'avoir pu étudier en France dont le niveau des cours avait une excellente réputation à travers le monde. On se vend bien à l'etranger avec un diplôme français.
Il tire de son experience 2 constats : le premier est que les recruteurs français sont les seuls à être aussi frileux en exigeant nécessairement une experience professionnelle. Par, ailleurs, et c'est un second handicap pour lui, les recruteurs en Europe se fichent de savoir si l'employé est noir, arabe, ou que sais-je.

Alors le CPE, ca sent quand même un peu le coup foireux pour foutre en l'air ce putain de code du travail qui fait tant gerber les "forces vives de la Nation". On y va par petites touches (le CNE c'est pour les PME, le CPE pour nos jeunes), il faut aider nos jeunes, notre vaste tissu de petites et moyennes entreprises qui sont le creuset le plus porteur en terme d'emplois. Et bientôt on sera dans l'obligation de géneraliser ce types de contrat, pour lutter contre le chômage des + de 26ans.

Même si aujourd'hui, Villepin et son projet paraissent mal en point, il est fort à parier que cette idée de contrat précaire pour tous fera son chemin, et reviendra hanter les pensées de nos chers dirigeants, appeurés à l'idée d'embaucher.





17 mars 2006

Humiliations

L' interminable conflit israélo-palestinien est réapparu dans nos journaux, à la suite de l'intervention israélienne dans la prison de Jericho. L'objectif était de s'emparer du chef du FPLP, dont le mouvement avait fait assassiner un ministre israélien, en représailles à l'assassinat de leur ancien chef. Emprisonné en territoire palestinien suite à un accord entre israéliens, palestiniens, américains et anglais, qui en assuraient la garde, Israel a craint une éventuelle future libération. Les gardiens américains et anglais ont quitté les lieux 15 minutes avant l'assaut de Tsahal.

Mais ce qui a retenu l'attention des médias, c'est que durant la période de troubles qu'ont provoqué ces évenements, des humanitaires et journalistes occidentaux ont été enlevés, et rapidement liberés. C'est à ce moment-là seulement qu'a refait surface chez nous le conflit. Pour disparaitre à nouveau, dès la libération des otages annoncée.

Ces évenements ont été illustrés par des images d'hommes baillonnés, en slip et mis en joue par les militaires. Images de plus en plus banales pour nous, toujours plus humiliantes dans les pays arabes.
Comment ne pas voir, dans ces images une propagande autrement plus efficace que toutes les sourates du Coran, dont on nous extrait, à longueur d'éditos et d'essais, les versets les plus violents pour nous expliquer l'irréductible barbarie de "ces gens-là"?
Hormis la Ligue Arabe, aucune condamnation de cette violation des accords internationaux n'est venue. Tout au plus s'est on montrés, inquiets, préoccupés, avons appelé au calme et à la retenue.

Il est assez remarquable de constater à quel point le conflit israélo-palestinien, hier central dans l'actualité internationale, semble être devenu un fait secondaire depuis le 11/09. Parce qu'il entre en dissonnance avec ce qui fait, depuis, la une de tous nos médias : le terrorisme islamiste, qui n'a, selon la théorie du "choc des civilisations", d'autre cause que religieuse, culturelle, civilisationnelle.
L'islam, et lui seul, expliquerait donc, les troubles que provoquent les musulmans, mais aussi ceux qu'ils subissent.
Or, et l'actualité le montre régulièrement, les rangs des contempteurs du dogme huntingtonien grossissent jour après jour . L'analyse néo-conservatrice trouve, chez nous, de nombreux soutiens à droite, comme à gauche, chez les politiques, les experts, et toutes les personnes autorisées à s'exprimer sur la marche du monde. Les plus virulents n'étant pas toujours ceux auxquels on pense.
Dans le même temps, les soutiens à la cause palestinienne se font de plus en plus rares, les critiques de la politique israélienne de plus en plus feutrées, sous peine parfois d'être taxées d'antisémite. Des mouvements, tel le MRAP (et quoique l'on puisse penser de leurs prises de positions), des intellectuels,tel Edgar Morin, des journalistes, tel Daniel Mermet se voient aujourd'hui ostraciser parce qu'en dehors des clous du politiquement acceptable.

On reproche à juste titre au HAMAS, qui doit former le prochain gouvernement palestinien, sa non-reconnaissance de l'Etat d'Israel. Quand donc éxigerons nous, du gouvernement israélien, une vraie reconnaissance du droit pour les palestiniens à une existence libre dans un pays libre?



15 mars 2006

Enfilage de perles

Les arguments sont si rares pour expliquer le refus quasi-systématique des politiques, réformes et autres TCE, qu’on entend à peu près toujours les mêmes. En gros, il y en a deux :
La France est conservatrice, et elle est manipulée.

La France est conservatrice. Au début ça me faisait bien marrer d’entendre ça. Surtout que ça vient généralement de types de droite, ou de libéraux de gauche, ce qui est un peu la même chose.
Ceci est rendu possible par une pirouette, qui consiste à remplacer le terme PROGRES par CHANGEMENT. Ainsi, peu importe dans quel sens on va, l’essentiel étant dans le mouvement. Les CHANGEMENTISTES considèrent toute réticence à leur propositions comme du conservatisme.
Evidemment si ces « réformes » allaient vers le haut (un meilleur niveau de vie, une meilleure protection des plus faibles, une meilleure répartition des richesses,…) il eut été inutile d’abuser d’un tel argument rhétorique.
Malheureusement, aujourd’hui face à une telle volonté de revenir sur des décennies de progrès social et économique, les progressistes en sont réduits à tenter, vaille que vaille, de freiner le « grand bond en arrière » initié par les vrais conservateurs.
Car ceux-là n’ont pas changé de camp. Ils restent ceux qui, du bon côté de la barrière, s’accrochent à leurs richesses et leurs privilèges, bien plus consistants que ceux de fonctionnaires à 1200€ mensuels, vilipendés par nos élites.

L’autre argument à la mode quand les jeunes s’en mêlent, c’est l’idée selon laquelle ils seraient manipulés.
Car c’est évident, monsieur, l’air du temps est aux gauchistes. Les institutions sont gauchistes, les médias sont gauchistes, les assoces qui râlent sont gauchistes, et ma boulangère aussi.
Et c’est Arlette qui tire les ficelles.
A l’évidence, la gauche domine les débats, actuellement. La CGT tient la majorité des salariés, tous nos médias étaient pour le non au dernier référendum, les politiciens omniprésents à la télé sont de gauche (et plus ils sont petits, plus ils sont de gauche). Les relais d’opinion sont des suppôts de Marx, et le communisme tendance stalinienne peut déferler à tout moment sur la France.
Ils seraient pas un peu paranos les gars ?

En revanche les fils à papa étiquetés « jeunes UMP »(on a du mal à le lire) qui voient l’avenir en rose grâce au CPE ne sont pas manipulés. Les gogos qui demandent toujours plus de flics et de vidéo-surveillance parce qu’ils ont vu des noirs ou des arabes à la télé ne sont pas manipulés. Les gagas qui, abreuvés de CAPITAL sur M6, se disent que décidément ils ont vachement de chance ces anglais, ne sont pas manipulés. Et les économistes assermentés qui défilent à la télé pour nous expliquer que les réformes sont nécessaires sur la foi de leur expertise, en omettant qu’ils ont eux-mêmes les doigts dans le pot de confiture, ne nous manipulent pas.

J’ai appris, plus jeune, que la démocratie, c’était le gouvernement du peuple par le peuple.
Le jour ou cela sera réalité, alors en effet, nous deviendrons tous conservateurs.


13 mars 2006

Le PS en campagne... de recrutement.

Le PS a eu une grande idée (enfin) : rameuter des adhérents. A défaut de proposer un programme susceptible de le faire élire aux prochaines présidentielles, ils ont décidé de mettre le paquet pour cette nouvelle conquète.
Et pour qui a déja visité le site du PS, le contraste est saisissant. Un vrai beau site, moderne avec des belles couleurs (bleu-blanc-rouge à dominante rouge), qui ressemble à un journal. Et maintenant on peut même adherer en ligne.

Et la ou on voit qu'ils sont vraiment au top au PS, c'est que leur site il ressemble à celui-ci, dont le dirigeant est l'homme politique le plus moderne, le plus branché, le plus jeune, le plus cool. Si, si ils arretent pas de le dire à la télé, même qu'il aurait dansé le zouk avec Aimé Césaire.
Et son site, c'est clair c'est un vrai beau site, moderne avec des belles couleurs (bleu-blanc-rouge à dominante bleue), qui ressemble à un journal. Et maintenant on peut même adherer en ligne...
Mouais, ils se sont vraiment pas emmerdés au PS; mais au moins ils affichent la couleur et le modèle.

Alors ils ont décidé de frapper un grand coup : l'adhésion est en promo, c'est comme un prix de lancement pour une nouvelle lessive. Pour pas qu'on aille chez le concurrent. Imaginons que je veuille adherer à un parti. alors j'hésite UMP ou PS? L'UMP est à 25€, le PS à 20€. C'est évident ils vont gagner pleins d'adhérents indécis...
A la radio, y'a des experts en politique (des journalistes qui passent leur temps de plateaux TV en studios radio) qui disent qu'en fait c'est un coup monté pour recruter des royalistes. Des royalistes socialistes (pardon Jean Jaurès). Je crois que c'est surtout un coup monté contre le débat politique.
En tout cas Nico est toujours en avance d'une bataille, car lui propose carrément de recruter des femmes pour son parti. Pas facile à respecter la parité.

Le PS devient en fait un club de supporters. Car ce qu'ils demanderont à leurs nouveaux adhérents c'est de porter des beaux t-shirts siglés aux meetings avec des pancartes rouge vif écrites des deux cotés (pour les caméras qui filment par derrière), en hurlant "machin président" ou "machine présidente". Et on leur demandera de supporter un progamme de droite (on dira blairiste), comme les Yankees du PSG vont au stade quels que soient les résultats de l'équipe.



12 mars 2006

Discrimination positive : l'arbre qui cache la forêt

Et bien ca y est, avant même son élection, les fans de Sarko mettent en oeuvre son programme.
ainsi TF1 recrute un noir comme homme tronc du 20heures. Ou plutôt comme numéro 2. Faut pas pousser non plus.

Depuis le début, moi cette histoire de discrimination positive, je la sentais pas trop. Peut-être parce qu'elle était essentiellement soutenue par des types dont les arrières-pensées me paraissaient un peu voyantes. Presque autant que quand la droite se met à militer ardemment pour la laicité, 20 ans après les manifs contre le projet de Loi Savarit, et la défense de l'école libre "menacée" par l'école laique.

La discrimination positive présente selon moi plusieurs inconvénients.
Elle ne règle pas le problème principal, à savoir le rejet d'autrui pour des raisons ethniques, religieuses ou autres. C'est juste un morceau de sparadrap qui en visant à pallier la sous-représentativité de minorités, n'influera pas, au mieux, sur la perception de l'autre, et donnera même certainement un motif supplémentaire de détestation: "y'en a toujours que pour les mêmes et ils se plaignent". Finkielkraut n'haranguait-il pas, il y a peu, les Noirs qui ne font rien qu'à se plaindre, alors que la France leur a tout donné?

Elle donne l'illusion de l'action, par l'écremage des minorités en question (le cas de Roselmack est extreme, c'est vrai). Or sont-elles le plus concernées? En général, pas ou peu de problèmes pour ceux qui ont un bon niveau d'études, qui ont les moyens de sortir de la cité.
Je parle du moins pour moi ( et de ce que je constate autour de moi), je me considère pas comme confronté quotidiennement au racisme, j'ai trouvé un bon boulot (là, je suis vraiment chanceux...), un logement et tout ca. C'est à des gens comme moi que cette mesure bénéficiera d'abord. Ceux qui galèrent en bas de l'immeuble continueront à le faire.

Mes souvenirs les plus douloureux sont plutot liés aux rapports avec les flics. Mais de ce coté-la, l'"affirmative action" aux US n'empèche pas les flics américains de partager les préjugés des notres ( je sais, faut pas géneraliser...). De plus, les prisons américaines sont remplies de Noirs comme ici, d'Arabes, ce qui montre bien le caractère cosmétique d'une telle mesure. La mythologie construite autour de la discrimination positive a pour emblèmes Condoleeza Rice et Powell. Ils sont l'arbre qui cache la foret. On l'a bien vu avec Katrina à la Nouvelle-Orléans.
Elle permettra au politique de se dédouaner, en prétendant avoir agi en faveur de minorités, alors qu'elle aura conforté sa domination sur celles-ci, dépendantes qu'elles seront des quotas fixés d'en haut. D'ailleurs, comme le remarque fort justement Schneidermann, que Sarkozy soit aux premières loges dans cette affaire n'est pas des plus rassurants quant à l'indépendance de la nouvelle recrue. On jugera sur pièces (enfin pas moi, je regarde jamais la une).

En revanche, puisque cette mesure n'agit que sur ce qui se voit, et comme nous sommes dans une démocratie représentative, il est nécessaire d'appliquer l'affirmative action en politique. On ne peut demander à des noirs ou des arabes de se sentir français, si aucun noir ou arabe ne figure parmi le personnel politique. On peut esperer grace à cela que des voix plus variées pourront se faire entendre, alors qu'aujourd'hui, bien souvent, les rares specimens, issus de l'immigration des anciennes colonies françaises en sont réduites à donner des gages à la pensée dominante. Voir Malek Boutih et ses propositions sur l'immigration, jugées courageuses par nombre de commentateurs de droite, trop heureux d'entendre dans la bouche d'un Arabe la confirmation de leurs préjugés honteux. Je me souviens du même Boutih dans "Ripostes" expliquant la faiblesse économique des maghrébins par le fait qu'ils gardaient leur pognon pour s'acheter des belles bagnoles pour aller au bled se construire des villas somptueuses. Ca je crois que même Le Pen n'avait jamais osé.

Enfin, et selon moi le plus grave, on feint d'oublier que le racisme est dans ce pays un délit. La discrimination positive donne le sentiment d'excuser le phénomène, un peu comme on légaliserait les drogues faute de ne pouvoir ( ou de ne vouloir?) lutter contre. Et ca aussi ca peut décomplexer les cons. Si simplement on appliquait les lois de ce pays, si on punissait les employeurs qui discriminent, les proprios qui refusent systématiquement les noms trés exotiques avec la même véhémence qu'on agit contre les accidents de la route, alors les mentalités changeraient, les habitudes aussi.
Mais pour cela on agirait contre ceux-qui sont censés vous élire. Et contre cette formidable machine éléctorale qu'est la peur de l'autre.