31 mars 2006

Chirac, le Président "pour du beurre"

Après avoir discrédité la fonction présidentielle, à travers la dissolution ratée, et le réferendum perdu, actes pour lesquels il n'a tiré aucune conséquence, Chirac continue son travail de sape de la Vème république.
Il promulque donc la loi sur l'égalité des chances, qui inclut le CPE, tout en demandant qu'elle reste inappliquée... en attendant qu'une nouvelle loi la remplace. Alors qu'il eut été aussi simple d'en redemander lecture au Parlement, Chirac nous explique qu'en fait cette loi elle existe, mais elle existe pas.
Cette contorsion ne peut se comprendre que dans l'impérieuse nécessité de sauver ce qu'il reste de son Premier Ministre. Et de se proteger du nain de Beauveau, pour qui la dissolution du gouvernement aurait sonné le début de sa campagne.
Alors, à présent que reste-t-il de cette République? Une fonction présidentielle dont l'exageration du monarchisme, a déligitimé les extraordinaires prérogatives dont il jouit. Un Parlement croupion, avec à peine plus de pouvoir que le Parlement européen, dont même l'opposition n'assure plus qu'une opposition de principe, attendant sagement son tour. Un gouvernement tout aussi peu crédible, dont le chef n'est jamais passé par le suffrage universel, et dont l'opposition la plus frontale se trouve incarnée par son numéro 2. Et enfin, un cadre législatif qui en plus d'être foulé au corps, par un Président qui n'a plus d'ambition que d'échapper aux fourches de la justice, est rendu caduc, par ce même Président qui promulgue une loi "pour du beurre".
Outre le chômage, la réforme des Institutions, voire de la Constitution, sera nécessairement un thème majeur de la prochaine campagne présidentielle.