Le CPE, ca rassure les patrons.
Depuis plusieurs semaines que l'on parle du CPE, le problème du chômage des jeunes est illustré par un chiffre : 23%. C'est, nous explique-t-on, le taux de chômage des jeunes de 26 ans. Soit "1 jeune sur 5" comme aime à le répeter notre Premier Ministre.
Or ce chiffre n'a aucun sens. Car avec 8 millions de jeunes, il signifierait que près de 2 millions de jeunes sont au chômage. Et ça, à priori, ca se saurait. En réalité, dans cette classe d'âge, 60% des jeunes sont étudiants, et ne sont donc pas en recherche d'emploi. Rapporté au nombre d'actifs, le taux de chômage tombe à un pour 15 soit entre 7 et 8%. C'est-à-dire en dessous du taux de chômage total en France. Donc pour nos éminents experts et économistes, un étudiant n'est rien d'autre qu'un chômeur qui s'ignore.
Si le taux de chômage global des jeunes (actifs et étudiants) est superieur à la moyenne européenne, c'est que les jeunes étudient plus longtemps en France. Ce qui n'est pas forcément une mauvaise nouvelle. Evidemment, une des raisons à cela est certainement un marché du travail particulièrement peu attractif, qui incite à prolonger autant que possible ses études. Mais cela est peut-être également lié à l'accès aux études superieures, facilité en France par un système de bourses, de logements étudiants, de frais d'inscription beaucoup moins élevés, bref d'une sélection moins drastique que dans de nombreux pays européens. Même si la précarité est trés loin d'être absente des milieux étudiants.
Mais même ce constat a l'art de froisser nos chefs d'entreprise. L'autre jour, dans un débat organisé par Arlette Chabot, le patron de Phone House ainsi que des représentants du MEDEF, essayaient de nous convaincre qu'ils étaient réticents à embaucher des jeunes, parce que malgré leur haut niveau d'études, leurs cursus étaient inadaptés aux "réalités d'entreprise". Nous a été resservi le laius habituel "nous on connait mieux que vous ce qu'il faut à ce pays, on crée des emplois tous les jours". Ils furent aidés par un ancien enseignant auteur d'un livre, "la Fabrique des crètins". Sorte de Finkielkraut avec un accent méridional, il expliquait la catastrophe que constituait l'enseignement actuel, qui s'est deprécié pour cause d'absence de sélection. Bref depuis qu'on a fait entrer les pauvres et les jeunes de banlieue dans l'université, on avait adapté les cursus à leur méprisable niveau intellectuel (les pauvres sont des cons, sinon ils seraient pas pauvres). Et les diplomes ne valent plus rien.
Au milieu de ce concert de pleurs, intervenait un jeune, d'origine maghrébine, titulaire d'un DESS, qui expliquait qu'il s'était éxilé en Suède pour fuir les seuls emplois Mc Do qu'on lui proposait. Et là-bas il avait immédiatement trouvé un poste à la hauteur de ses compétences chez Ericsson. Sans experience professionnelle on n'avait pas hésité à lui laisser sa chance.
Suite à une restructuration d'Ericsson, il est revenu en France, d'ou il est reparti rapidement car on ne lui proposait toujours rien. Arrivé en Angleterre il a de nouveau retrouvé un job, après avoir envoyé 5 CV. Il raconte également qu'au cours de ses pérégrinations, il rencontrait fréquemment des jeunes européens, qui l'enviaient d'avoir pu étudier en France dont le niveau des cours avait une excellente réputation à travers le monde. On se vend bien à l'etranger avec un diplôme français.
Il tire de son experience 2 constats : le premier est que les recruteurs français sont les seuls à être aussi frileux en exigeant nécessairement une experience professionnelle. Par, ailleurs, et c'est un second handicap pour lui, les recruteurs en Europe se fichent de savoir si l'employé est noir, arabe, ou que sais-je.
Alors le CPE, ca sent quand même un peu le coup foireux pour foutre en l'air ce putain de code du travail qui fait tant gerber les "forces vives de la Nation". On y va par petites touches (le CNE c'est pour les PME, le CPE pour nos jeunes), il faut aider nos jeunes, notre vaste tissu de petites et moyennes entreprises qui sont le creuset le plus porteur en terme d'emplois. Et bientôt on sera dans l'obligation de géneraliser ce types de contrat, pour lutter contre le chômage des + de 26ans.
Même si aujourd'hui, Villepin et son projet paraissent mal en point, il est fort à parier que cette idée de contrat précaire pour tous fera son chemin, et reviendra hanter les pensées de nos chers dirigeants, appeurés à l'idée d'embaucher.
Or ce chiffre n'a aucun sens. Car avec 8 millions de jeunes, il signifierait que près de 2 millions de jeunes sont au chômage. Et ça, à priori, ca se saurait. En réalité, dans cette classe d'âge, 60% des jeunes sont étudiants, et ne sont donc pas en recherche d'emploi. Rapporté au nombre d'actifs, le taux de chômage tombe à un pour 15 soit entre 7 et 8%. C'est-à-dire en dessous du taux de chômage total en France. Donc pour nos éminents experts et économistes, un étudiant n'est rien d'autre qu'un chômeur qui s'ignore.
Si le taux de chômage global des jeunes (actifs et étudiants) est superieur à la moyenne européenne, c'est que les jeunes étudient plus longtemps en France. Ce qui n'est pas forcément une mauvaise nouvelle. Evidemment, une des raisons à cela est certainement un marché du travail particulièrement peu attractif, qui incite à prolonger autant que possible ses études. Mais cela est peut-être également lié à l'accès aux études superieures, facilité en France par un système de bourses, de logements étudiants, de frais d'inscription beaucoup moins élevés, bref d'une sélection moins drastique que dans de nombreux pays européens. Même si la précarité est trés loin d'être absente des milieux étudiants.
Mais même ce constat a l'art de froisser nos chefs d'entreprise. L'autre jour, dans un débat organisé par Arlette Chabot, le patron de Phone House ainsi que des représentants du MEDEF, essayaient de nous convaincre qu'ils étaient réticents à embaucher des jeunes, parce que malgré leur haut niveau d'études, leurs cursus étaient inadaptés aux "réalités d'entreprise". Nous a été resservi le laius habituel "nous on connait mieux que vous ce qu'il faut à ce pays, on crée des emplois tous les jours". Ils furent aidés par un ancien enseignant auteur d'un livre, "la Fabrique des crètins". Sorte de Finkielkraut avec un accent méridional, il expliquait la catastrophe que constituait l'enseignement actuel, qui s'est deprécié pour cause d'absence de sélection. Bref depuis qu'on a fait entrer les pauvres et les jeunes de banlieue dans l'université, on avait adapté les cursus à leur méprisable niveau intellectuel (les pauvres sont des cons, sinon ils seraient pas pauvres). Et les diplomes ne valent plus rien.
Au milieu de ce concert de pleurs, intervenait un jeune, d'origine maghrébine, titulaire d'un DESS, qui expliquait qu'il s'était éxilé en Suède pour fuir les seuls emplois Mc Do qu'on lui proposait. Et là-bas il avait immédiatement trouvé un poste à la hauteur de ses compétences chez Ericsson. Sans experience professionnelle on n'avait pas hésité à lui laisser sa chance.
Suite à une restructuration d'Ericsson, il est revenu en France, d'ou il est reparti rapidement car on ne lui proposait toujours rien. Arrivé en Angleterre il a de nouveau retrouvé un job, après avoir envoyé 5 CV. Il raconte également qu'au cours de ses pérégrinations, il rencontrait fréquemment des jeunes européens, qui l'enviaient d'avoir pu étudier en France dont le niveau des cours avait une excellente réputation à travers le monde. On se vend bien à l'etranger avec un diplôme français.
Il tire de son experience 2 constats : le premier est que les recruteurs français sont les seuls à être aussi frileux en exigeant nécessairement une experience professionnelle. Par, ailleurs, et c'est un second handicap pour lui, les recruteurs en Europe se fichent de savoir si l'employé est noir, arabe, ou que sais-je.
Alors le CPE, ca sent quand même un peu le coup foireux pour foutre en l'air ce putain de code du travail qui fait tant gerber les "forces vives de la Nation". On y va par petites touches (le CNE c'est pour les PME, le CPE pour nos jeunes), il faut aider nos jeunes, notre vaste tissu de petites et moyennes entreprises qui sont le creuset le plus porteur en terme d'emplois. Et bientôt on sera dans l'obligation de géneraliser ce types de contrat, pour lutter contre le chômage des + de 26ans.
Même si aujourd'hui, Villepin et son projet paraissent mal en point, il est fort à parier que cette idée de contrat précaire pour tous fera son chemin, et reviendra hanter les pensées de nos chers dirigeants, appeurés à l'idée d'embaucher.

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